Sur le Galion des Libertés Individuelles (et la surveillance des surveillants)

Peser sur le débat public, ancrer la culture pirate, ne pas avoir peur de son ombre, et hisser haut des utopies concrètes. Croire que l’outil est plus qu’un outil, que le Net est plus que le Net, qu’il est la civilisation même, comme le furent la pierre ou l’imprimerie. C’est ça, hacker la politique. Faire fi des discours convenus, des mines graves et des airs détâchés, vides et creux.

Aucun des candidats pirates ne croient en son élection. C’est trop tôt. Et c’est le début.
En revanche, tous croient en la possibilité d’une République débarrassée des clichés de la Ve agonisante, née dans un monde qui n’est plus le notre.

Pour ma part, c’est la défense des libertés qui m’a conduit sur ce Galion. Les libertés collectives comme individuelles, à la fois vantées comme jamais, et toujours plus grignotées. D’où, dans notre profession de foi, ce passage sur le controle des Services de renseignement:

«Exiger que les procédures parlementaires de contrôle de services comme la DCRI soient complètes et renforcées. Faire cesser les dérives d’une police politique au service de l’appareil d’Etat. Ouvrir le débat sur la privatisation du Renseignement (officines, mais pas seulement) et le jeu malsain entre «Services» et opérateurs de téléphonie (ex: fadettes, relevés téléphoniques, etc) / FAI.»

  • Pour en savoir plus, lire ma tribune dans Le Monde du 30 mai 2012:  «Le renseignement français doit pouvoir être contrôlé»
  • Et le débat qui s’en ait suivi sur Newsring: «Faut-il qu’une autorité publique contrôle les services secrets ?»

A tous, bon vent.
Dimanche, hackons les élections. Votez pirate.

Dimanche: les 5 raisons de hacker la politique

Ils ont surgi de toutes les mers, bravé des océans de paperasse, formé leurs équipages, remué codes électoraux et imprimeurs, et dimanche, ils/elles seront 101 candidat(e)s et autant de suppléant(e)s à l’abordage du Palais Bourbon. Souquez les artimuses !

Depuis quelques jours, sur les panneaux électoraux, devant les écoles, d’étranges affiches vertes et mauves fleurissent. Le Parti Pirate se présente pour la première fois à un scrutin national. Pour beaucoup, il s’agit d’un OPNI (objet politique non identifié). D’autres savent que des Partis Pirates existent déjà dans plusieurs dizaines de pays, notamment en Suède et en Allemagne où ils comptent de nombreux élus.

La plupart sont de jeunes moussaillons, certains de vieux loups de mer, aucun n’a fait de la politique son métier, nul apparatchik, tous sont des citoyens espérant relancer la démocratie.

Il y a mille raisons de monter à bord et de voter Pirate  le 10 juin prochain.

En voici cinq.
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Bienvenue à bord !

Bonjour à toutes et tous habitants du XXe arrondissement et de la 15e circonscription.

Vous avez dû recevoir ce matin notre profession de foi. Merci de pousser votre curiosité jusque sur ces rives. Vous êtes les bienvenus. Si vous avez des doutes, des questions, des critiques, les commentaires vous sont ouverts. Le 10 juin, montez à bord. Hackons la politique.
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Dans la Presse

 

Samedi 1er juin: portrait dans Le Monde, «David Dufresne, le franc-tireur»

Extrait:

 » Jeune pousse du PiratPartiet suédois, né en 2006, le PP français lance son premier vrai test électoral en présentant des candidats aux législatives: pour que révolution numérique et nouveaux usages riment avec transparence, démocratie directe, libre circulation des savoirs et protection des libertés individuelles. « De la politique, certes. Mais piratée, hackée, hachée menu », estime David Dufresne, suppléant de Pierre Mounier, professeur de lettres classiques militant pour des humanités numériques et candidat du PP dans le 20e arrondissement de Paris. »

Mardi 29 Mai: une belle enquête du Monde, «Les pirates à l’épreuve des urnes»
Extrait:

«Le Parti pirate a aussi accueilli un contingent de déçus des Verts. Pierre Mounier, 42 ans, professeur de lettres, y avait longtemps milité : « Pour moi, la priorité était de faire de la politique autrement, de façon moins hiérarchique, plus participative. Mais les Verts ont jeté tout ça aux orties. » Cette année, il s’est abstenu à l’élection présidentielle, et pour les législatives, se présente comme candidat Pirate dans la 15e circonscription. Il a conservé intacts les idéaux de sa jeunesse, mais à court terme sa stratégie est fondée sur le rapport de forces : « Nous devons faire comprendre aux gens du PS que s’ils refusent d’entendre nos exigences, nous serons une menace électorale. »

Madi 29 mai, Télérama, une autre belle enquête signée Olivier Tesquet «Les desseins animés des 101 candidats pirates»

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Paris/Montréal: Une candidature «GloCale»

Un pirate se joue de tout, et surtout des frontières, les vieilles comme les virtuelles.

Un pirate ne reconnait que les mers, et se refuse à acheter les votes des électeurs de sa circonscription à coup de promesses de quais refaits, de crèches repeintes, de logements à prix d’ami, et de ronds points fleuris.

Un pirate connait la loi pour mieux la détourner: un député n’est pas un élu local, c’est un élu de la nation. Le découpage en circonscriptions n’est qu’une commodité logistique et non un principe politique. C’est aussi une conséquence du scrutin uninominal à deux tours qui verrouille la vie politique. Rien n’oblige un candidat, qu’il soit pirate ou corsaire, à résider dans la circonscription où il se présente.

C’est le sens de notre candidature glocale, enracinée dans ce monde Global/Local où qu’importe son lieu de vie, chacun est impacté par les événements du monde.

L’un (Pierre Mounier) vit à Paris, l’autre (David Dufresne) à Montréal.
Quand l’un remonte la rue d’Avron, l’autre descend dans les rues du Mile End.

Bienvenue à bord.

Sur la question du Glocal (global/local), Wikipedia propose:

«Le monde globalocal s’oppose donc tant à la « Société des Nations » (qui a prévalu jusqu’au xxe siècle) qu’au monde huntingtonien du choc des civilisations incarnées dans quelques grandes régions du monde. Et mieux encore, ce terme rapproché à des technologies informatiques assure un transfert de négociation aux usagers en éliminant les intermédiaires pour un « Do it yourself » direct. C’est tout un pan des théories des xixe etxxe siècles qui tend à s’effondrer pour faire la place à un monde plus ouvert et affranchi des hiérarchies traditionnelles quelles qu’elles soient.»

Crédit photographique : deuxième photographie : CC by-sa par Gilles Klein